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Premier concert hier soir à Saint-Gilles Gérald de Palmas retrouve ses souvenirs Gérald de Palmas craignait de devoir passer par une période de rodage avant de proposer un show pleinement abouti. Devant un public très affûté, ce premier concert de sa nouvelle tournée a montré hier qu'il n'en avait pas besoin. Avant de poser ses valises dans une chambre des Villas du Lagon et sa guitare sur les planches du théâtre en plein air, Gérald de Palmas avait, à plusieurs reprises, parlé de son désir de reprendre la route des salles de spectacles. Les démangeaisons étaient devenues de plus en plus fortes et le chanteur avait hâte de monter sur scène : "C'est le seul endroit où je m'autorise plus de liberté". Le
hasard et l'annulation de plusieurs dates en métropole l'ont
conduit à faire ses premiers pas dans sa nouvelle tournée
ici, à Saint-Gilles. Le public réunionnais a donc pu hier
soir assister à une naissance : "Quand on commence, on cherche
un peu ses marques. Mais en même temps, c'est là qu'il
y a le plus d'envie". Gérald
de Palmas supposait que son show allait manquer d'un peu de bouteille
et qu'il aurait besoin d'une petite période de rodage avant de
s'épanouir pleinement. Ses craintes ont, à coup sûr,
été levées. Car franchement, on ne voit pas où
la belle mécanique s'est enrayée. Ni de son côté,
ni de celui du public qui est venu tout aussi affûté. Les
fans avaient révisé leurs classiques "palmassiens"
; les paroles avaient été apprises par cœur depuis
bien longtemps. De l'un aux autres, le courant est passé très vite et très fort. Ce concert n'a pas été de ceux que l'on écoute assis et que l'on applaudit du bout des doigts la bouche pincée. L'énergie y a circulé. Dans quel sens ? Dans tout les sens à la fois, de la scène vers les gradins et du public vers les musiciens, en prenant à chaque aller-retour un peu plus de puissance. Gérald de Palmas y a manifestement pris un énorme plaisir même si, seul petit regret de cette soirée, jamais un grain de folie n'est venu se mêler à tout cela. Des arrangements à sa voix, tout est apparu à la fois travaillé, très réussi et très maîtrisé. Et puis, forcément, il a été question de la Réunion, mais toujours par petites touches. Au hasard d'une chanson, il a évoqué brièvement ses souvenirs qui s'envolent et qu'au fil des ans, il ne parvient plus à retenir. Il dit en souffrir. Il avoue que son île lui manque. Entre lui et les spectateurs, quelques brefs dialogues ont été échangés. À quelques-uns qui lui soufflaient de se déshabiller pour avoir moins chaud, Gérald de Palmas a répondu : "Si je retire ma chemise, vous partez en courant. Je suis blanc…c'est même pas blanc, c'est transparent". Peu importe d'ailleurs qu'il ne se soit pas mis torse nu. L'essentiel, c'est qu'hier soir personne sans doute n'a eu l'idée de dire que sa musique était transparente. C'est aussi que des deux côtés, sous les lumières des projecteurs comme dans la pénombre des gradins, on se soit fabriqué quelques nouveaux souvenirs communs. B.G |