Le Figaro



Après 3 ans de silence, il est sur toute les radios avec son tube « j’en rêve encore », écrit par Jean Jacques Goldman, est la chanson la plus diffusé sur les ondes depuis la sortie de son dernier album, qui dépasse aujourd’hui les 700 000 exemplaires vendus. Pour consacrer son retour en grâce, il est au Zénith les 12 et 20 novembre.
GERALD DE PALMAS , UN CHANTEUR RESSUSCITE

¤ En dehors des chanteurs québécois et des comédies musicales, on a l’impression que c’est toujours très difficile de percer pour un artiste qui chante en français. Pourquoi ?

- Il y a, chaque époque ,un phénomène de vague. On a eu les boys bands maintenant les comédies musicales. Les maisons de disques et les radios combinent des éléments les plus fédérateurs pour vendre. Et toi derrière, tu rames jusqu'à ce que tu places un tube. A ce moment, une petite brèche est ouverte. Tu te faufiles et la c’est fulgurant. En fait pour un chanteur français c’est tout ou rien.



¤ Vous n’avez jamais fait de concession à l’anglais ?

- Si bien sur. Au tout début, j’avais même du mal à chanter en français à trouver ma façon de dire les mots et d’articuler correctement la langue. J’écoutais surtout du rock anglo-saxon. J’avais une sorte d’inhibition. Maintenant je suis beaucoup moins maniéré dans ma façon de chanter. Je revendique davantage mes textes. Je suis à l’aise et ça s’entend. Et faire un album en anglais est vraiment le cadet de mes soucis.



¤ Quelles sont vos sources musicales ?

- J’étais très ska. L’album que j’ai écouté le plus est le premier album des Specials. Ensuite, il y a eu Police. Je ne me suis pas reconnu dans la new wave. J’ai donc remonté le temps, jusqu'à Otis Redding. Robert Palmer est un des artiste qui a le plus compté pour moi.



¤ Etre ne a la Réunion, ça donne une autre vision du monde ?

- Inconsciemment ça joue. J’ai vécu là-bas jusqu’à l’âge de 10 ans. Donc une période ou on s’imprègne, où on est réceptif des odeurs, au climat , à tout ce qui se passe autour. Quand j’y retourne je ressens vraiment un ancrage puissant. Ce sont mes racines. Je regrette que mon fils n’y soit pas encore allé.



¤ Avant ce dernier album, vous avez dit « avoir passé 2 ans et demi sans aucun plaisir à composer , sans avoir envie de sortir ». Etes vous un ermite du rock ?

  - Indéniablement je sors très peu contrairement à beaucoup de gens de ce métier. Je ne suis pas très a l’aise en public. J’ai traversé une grosse crise de confiance. Je n’éprouvais plus aucun à plaisir à faire de la musique. C’est la pire chose qui puisse arriver à un artiste. Or, quand on compose, on ne marche qu’à l’envie. Il faut garder un esprit de gamin, naïf et insouciant.



¤ Comment expliquez vous cette dépression ?

- Elle correspondait à l’époque ou j’ai eu mon fils. J’ai essayé de mûrir, d’être quelqu’un d’autre. et ça m’a pas trop réussi. Ca a dure un moment avant que je reprenne.



¤ Cette étiquette de romantique calme et sombre semble vous aller comme un gant. Y a t il des choses qui vous font rebondir ?

- Oui mais si je sais que je maîtrise pas le sujet, alors j’évite de dire des conneries. Et même quand je le maîtrise, je me dis que ca va pas servir à grand chose d’en parler. Je ne suis pas très bon pour refaire le monde. Donc, en général je me tais. On a toujours tendance à demander aux artistes leur avis sur tout et n’importe quoi. Je préfère rester en retrait. La démarche de venir à la télévision me déplaît. Je ne veux pas être pris pour un demago, me faire mousser. Je fais juste mes chansons mais jamais d’interviews en télévision. Goldman lui y arrive pour les restos du cœur. Il a le ton juste en télé. Mais il y en a peu comme lui.



¤ Goldman justement c’est un peu un Pygmalion pour vous ?

- Il m’a sorti de l’impasse. Il rassure. Il est impressionnant pour ça. Je cherchais quelqu’un qui puisse m’ecrire un texte et qui puisse m’aider à m’en sortir. Il m’a fait une chanson « j’en reve encore », mais il m’a apporté infiniment plus. Il aurait pu dire je prends les clefs de la maison et je m’occupe de tout. C’est un guide sans etre un donneur de lecons.



¤ Et Maxime Leforestier, qui vous a ecrit les paroles de « Tomber » ?

- Il enregistrait son album près de chez moi à Suresnes. Un ami nous a présente. Je lui ai joué le morceau. Il a accroché et a écrit le texte en une soirée. Après 3 nuits a bosser, c’était fait.



¤ Quel titre vous est le plus personnel ?

« Une seule vie » : « Marcher dans le sable se sentir coupable », j’aime bien cette phrase même si elle n’a aucun sens. Il y a aussi un texte de mon grand père que j’ai mis en musique dans la chanson « le gouffre ». Ca c’est de la poésie, ce que je fais moi n’est que du divertissement.


« Marcher dans le sable » POLYDOR (universal)