En aparté
Par Pascale clarck



Intro de Pascale Clarck, la journaliste de l’émission qui interview les invités : "Que ceux qui le connaissent lèvent la main. Gérald De Palmas, artiste à la fois populaire et discret. De Palmas 2002, le double live, est dans les bacs. Il a écrit pour Johnny, lui aussi, Céline Dion. On se l’arrache et lui ne la ramène pas. Pour une fois, il parle ! Gérald De Palmas est en apparté.



(Gérald entre dans l’appartement…)


¤ Bonjour Gérald de Palmas.

Bonjour Pascale.



¤ Vous allez bien ?
Ca va.



¤ Regardez ce canapé qui vous tend les bras.

J’vois pas de bras mais bon… (sourire)



¤ Faites comme si… On l’a joué très roots(un verre de punch est posé sur la table basse devant Gérald).On y est allé a fond… rhum planteur.

Oh la !



¤ Et là je crois qu’on prend des risques parce que s’il n’est pas bon, vous allez nous le dire tout de suite.

Non mais je vais goûter… Je vais t’expliquer un truc, c’est que je bois pas d’alcool.



¤ Ah bon, tout ça n’est que légende alors ?

Y a eu une période mais là je me suis arrêté…


¤ Vous allez être saoul et c’est plutôt pas mal comme ça… Est-ce que ça va suffire pour vous mettre à l’aise ce petit punch ? Parce que je ne vais pas vous le cacher plus longtemps, Gérald de Palmas, nous allons parler ensemble…

Oui, je sais.



¤ C’est un soucis, on ne vous voit pas beaucoup à la télévision…

Non c’est rare.



¤ Pourquoi ?
Je ne suis pas à l’aise devant une caméra.



¤ Ah bon ! Pourquoi ? Vous estimez que c’est pas votre rôle de parler ? juste chanter, ça suffit finalement ?

Voilà exactement… C’est à dire qu’on te demande souvent de parler sur tout et sur rien et j’ai pas l’impression d’avoir un avis intéressant sur tout donc je préfère réserver mes p’tites réflexions pour mes proches.



¤ On va parler de rien alors ?
Si tu veux…



¤ Est-ce que ça a à voir avec la confiance qu’on a en soi aussi ?

Euh… c’est sûr que ça joue… mais honnêtement j’ai plus confiance en moi maintenant qu’avant.



¤ Plus confiance, c’est grâce au succès ou c’est plus compliqué que ça ?

Bien sûr, ouais, c’est super simple… c’est vraiment ça… c’est une histoire de reconnaissance.



¤ Je pensais que c’était aussi beaucoup de pression le succès, parce que quand il y a beaucoup de monde qui achète, la barre est beaucoup plus haute et on se dit « surtout, ne pas décevoir »…

Non, c’est pas ça. En fait, moi, ce qui me fait peur c’est qu’on s’habitue vachement au succès… on s’habitue très rapidement, on pense que c’est normal et le jour où ça s’arrête, j’suis pas sûr qu’on soit préparé donc c’est ça qui peut faire peur… mais sinon, la pression… non, parce que j’ai toujours l’impression que j’suis arrivé beaucoup plus loin que ce que je pensais faire…



¤ A quoi vous pensiez ? Vous la voyiez comment l’histoire ? Juste peut-être gagner votre vie en chantant…c’était ça au début ?

Que ça marche un p’tit peu mais je pensais pas que ça allait aller aussi loin que ça, donc j’ai le sentiment d’être déjà aller au-delà.



¤ Donc c’est gagné.
Un peu, c’est un peu ça… mais en même temps, y a l’autre côté, j’suis sûr que si ça s’arrête, j’aurai les boules ! (rires)



¤ Sûrement. On en est pas là pour l’instant. De Palmas live 2002. La totale : double CD, DVD, VHS… J’ai rien oublié ? Les Tshirts, les briquets ?

Voilà , exactement… (sourire) je les ai pas amenés mais…



¤ Et puis la tournée. Combien de temps sur les routes ?

On est partis un an et demi.



¤ C’est beaucoup ou pas ? J’me rends pas compte…

C’est à dire… ça dépend. Je crois que les artistes qui sont à peu près dans le même cadre que moi font 70, 80 concerts. J’en ai fait 180 donc c’est plus. Mais en même temps on m’a dit que Michèle Torr en faisait 250 alors…



¤ Sans blague ?!!
Voilà !! Comme quoi…



¤ Quand on s’arrête, ça doit faire curieux ? Y'a une espèce de décompression… quand on n’est plus « sur la route » ?


Oui, y a un changement de rythme de vie parce que quand on est en tournée, on est complètement dédiés à ça, à une chose, c’est d’être bon le soir. On a aucune responsabilités… On s’occupe de rien et c’est assez agréable.



¤ On est totalement pris en charge ?
Voilà.



¤ Et vous aimez ça être pris en charge ?
Oui tout le monde aime ça plus ou moins (sourire)…



¤ Ca dépend…


C’est vrai ?… pendant une période définie, c’est plutôt agréable de sortir de tous les p’tits soucis de la vie quotidienne quand même.



¤ Et donc quand ça s’arrête, la vie revient…
Voilà, y a un changement de rythme qui est un peu étrange mais à part ça…



¤ On va avoir un « après-goût »… Gérald de Palmas sur scène, ça donnait à peu près ça… regardez et rêvez encore… (extrait de « j’en rêve encore » live 2002 sur un écran de télé en face de lui… Gérald regarde et sirote son verre…) Bon alors, vous vous disiez quoi en regardant ces images ?… parce que vous êtes plutôt impassible comme garçon. C’est vrai, on voit pas grand chose sur
votre visage… vous vous exprimez pas beaucoup…vous pensiez à quoi là ?


Euh… A quoi je pensais ?… Non j’ écoute toujours, je regardais pas vraiment le concert… j’écoute toujours le son « est-ce que c’est bien enregistré ?… est-ce qu’on a bien fait ?… est-ce qu’on a bien mixé ?… est-ce que qu’on a bien enregistré ?… »



¤ Alors ?
Ca va… On a passé pas mal de temps à le mixer et à bosser dessus donc j’espère que c’est bien.



¤ « son corps à lui dans son corps » c’est dégoûtant au passage (rires)
ouais ouais (rires)



¤ Paroles de Jean-Jacques Goldman… Est-ce que vous savez qui est venu à ces concerts ? Ca doit être quand même une sacré curiosité de savoir qui vous aime finalement… C’est quoi, c’est les trentenaires, vous ?

Je dirais que ça va de 15 à 35… la majorité je crois d’après ce que j’ai pu voir mais c’est vraiment dur de se rendre compte… mais je crois que c’est ça la majorité…



¤ Y a un « palmiste » type ?

(rires) Non je crois pas… je crois pas.


¤ Et sur les chansons… pourquoi les gens aiment vos chansons ? Vous avez la réponse ?

Non si je savais…


¤ Vous feriez quoi d’ailleurs ?

(sourire) Ben je ferais toujours ce qu’ils veulent…



¤ Vous vous dites que vos histoires collent aux leurs, c’est ça ?

Je pense… comme je parle toujours de relations de couples parce que ce sont des choses que je vis… bon, je vis pas toujours, j’imagine à partir de p’tits indices que j’ai au sein de ma propre vie… mais je pense que c’est tellement commun à tous les gens qu’ils s’y retrouvent…



¤ Est-ce qu’il serait possible d‘en refaire un de p’tit live puisque vous êtes venus avec votre guitare ?

voui voui voui… un p’tit bout parce que pour moi il est encore tôt… donc je sais pas si la voix va être là.



¤ Ne vous inquiétez pas… C’est … comment dire… « à la bonne franquette » !!


Voilà, c’est ça… (sourire)



¤ C’est votre guitare personnelle… elle a une histoire particulière, non ? Elle vous suit depuis longtemps ?

Ca fait un moment… Elle me suit depuis le début… depuis « sur la route » en fait…



¤ Elle a un p’tit nom ?

Non, elle a pas de p’tit nom… elle a pris quelques pètes mais je l’aime bien.



¤ Qu’est-ce qu’on joue… enfin surtout vous ? C’est à la demande ou… comment on fait ?

J’sais pas, moi c’est un peu comme vous voulez…j’avais émis l’idée de faire p’t’être « elle s’ennuie » pour faire quelque chose de nouveau…



¤ Oui… puisque c’est le nouveau single…

Et en plus moi ça m’fait un peu des vacances de chanter un truc neuf…



¤ Allons-y… Gérald de Palmas pour vous en total live…

Tu l’as dit… ça va être en total live à mon avis… (sourire) ( Gérald s’éclaircit la voix et, médiator à la main, chante le premier couplet et le refrain de « elle s’ennuie ») ( Pascale applaudit…) J’ai fait un p’tit bout, hein ?



¤ Ouais j’vous applaudit, j’suis toute seule, j’ai mon briquet et tout, tout va bien…
C’est gentil, ça fait plaisir…



¤ Elle a été composée quand cette chanson ? A la fin de la tournée ou sur la tournée ?

Non, à la fin. En septembre. J’avais fini la tournée en juillet. J’avais fini les chansons de Johnny aussi. C’était vraiment le dernier truc que j’ai composé.



¤ Parce que celle-là, elle aurait pu être pour Johnny, non ?
Euh… non… en fait ouais… tu veux dire dans le style ?



¤ Oui j’la vois bien chantée aussi par Johnny ?
Ouais pourquoi pas ?



¤ On va aller regarder des diapositives… Vous apercevez un tabouret sur votre droite… allez-y s’il vous plait… la télécommande… vous vous demandez sûrement ce qu’on vous a préparé. Ca a été très compliqué parce que vous êtes très secret comme garçon…

Ma foi… j’essaye d’être secret (sourire)



¤ Ah bon, vous essayez ?
Ouais je préfère.



¤ C’est pour vous préservez ?
Ouais.



¤ Parce que vous cachez des choses ?
Non… enfin… ma vie privée quoi… Y'a rien de mirobolant non plus…



¤ Ah bon… ben c’est décevant (sourire)… Bouton rouge s’il vous plait… (Gérald est installé sur un tabouret donc, face à un écran et regarde les images qui luis ont proposées… La 1ère est une diapositive représentant un timbre de l’île de La Réunion…)

Oh ! il est chouette ce timbre…



¤ J’me dis que ça doit être curieux de quitter La Réunion à 10 ans, même pour Aix-en Provence… Vous gardez un souvenir très précis de ce départ ?

Je garde surtout un souvenir précis de ma tendre enfance, avant 10 ans, à La Réunion…



¤ Et ça passe par quoi ?

Ca passe par les odeurs, la nourriture, l’ambiance, j’veux dire surtout l’humidité… surtout des choses comme ça…



¤ Et en arrivant à Aix-en-Provence, même si c’est le sud de la France, ça a dû être curieux…

C’est sympa mais c’est trop sec… c’est ridicule je sais mais ça m’a marqué…



¤ C’est à dire y'avait plus l’humidité ambiante ?

J’avais l’impression d’étouffer un peu…



¤ Qu’est-ce qui est indispensable pour décrire l’île de La Réunion et qui vous correspond vous vraiment ? En quoi vous ressemblez finalement à La Réunion ?

Il paraît qu’il y a une espèce de nostalgie latente dans l’île… C’est peut-être le fait d’être éloigné de tout et perdu au milieu de l’océan et c’est vrai que j’ai un peu cette nostalgie…



¤ Et ça s’exprime comment ?

Le p’tit coup de blues quand la nuit tombe parce que c’est vrai qu’y a pas grand chose à faire… la nuit tombe très tôt… Y'a pas cette effervescence qui peut y a voir dans une grande ville comme Paris… là-bas tout s’arrête.



¤ Et cette nostalgie, elle vous aide à écrire ?

Oui, pour moi c’est un état très propice à l’écriture et j’m’en sers d’ailleurs… et je me sers aussi de ces années… j’essaie souvent de retrouver cet état d’innocence de la jeunesse et de l’adolescence pour écrire…



¤ Parce que vous l’avez perdue ?

De temps en temps je la perds à cause des contraintes de la vie de tous les jours… et on s’fait vite parasiter par des problèmes à la con et on perd toute cette sensibilité qui, à cet âge là est vraiment importante…



¤ Donc pour écrire, faudrait pouvoir faire abstraction de tout ça ?


Ce que j’essaie de faire, ponctuellement évidemment, parce qu’on peut pas se détacher complètement de la vie tout le temps…



¤ La suivante s’il vous plait vous appuyez ?

Sur le rouge ?



¤ Toujours. (la 2ème diapositive est une photo noir et blanc , celle de la pochette du premier 45T des « Max Valentins »… la réaction de Gérald est immédiate…)


Oh putain !! (sourire)



¤ Ah mais je l’aime beaucoup cette pochette-là… elle est la source de tout...

Ah voui…oui…



¤ Les Max Valentins… Vous, vous êtes au milieu…

Ouais c’est ça, j’allais le dire, pour ceux qui s’posent la question…



¤ Vous avez quel âge là ?

J’ai 19 bien qu’on dirait que j’ai 14 ans… Et puis on dirait que j’m’appelle Françoise là-dessus…



¤ (rires) Vous vous cherchiez ? y s’passait quoi ?

Je cherchais surtout à prendre du poids à mon avis… vu la photo… je devais peser 22 kilos.. !!



¤ A vous regarder là… en même temps on se dit que c’est normal, c’est la fin de l’adolescence… vous êtes pas très défini encore enfin ?…

(rires) tu veux dire à quel point de vue ?


¤ Ben dans la vie…

Oui en tout cas, musicalement. Enfin humainement déjà, j’ai du mal maintenant… disons que ça commence un peu à se préciser… à savoir où je vais… Musicalement je savais pas du tout. C’était l’aventure. J’avais rencontré Etienne Daho qui nous avait permis de faire ce disque. En 3 mois, j’ai tout quitté et j’suis parti à Paris. C’était très excitant mais j’étais pas du tout prêt musicalement pour faire des disques…



¤ Mais même dans la vie, vous semblez un peu paumé là ?… (elle parle de la photo)

Ouais je semble triste surtout… lugubre… LUGUBRE !



¤ C’était votre état ou juste une pochette ?

Je devais pas être fan déjà des appareils photos…



¤ Et comment vous faites au passage avec ça ?

Comme je peux… comme je peux



¤ C’est une souffrance ?

Oui. Tout ce qui est image, c’est une souffrance.



¤ Pourtant il faut… c’est votre métier…


GDP : Ouais… (parlant de la diapo…) j’me reconnais pas, c’est impressionnant… ça fait longtemps que je l’avais pas vue cette pochette, c’est horrible de se voir… j’me reconnais pas du tout… On dirait pas quelqu’un d’autre ?



¤ Si clairement… Vous êtes au milieu je vous le rappelle Gérald… Ca vous paraît très loin cette époque là ou vous vous dites que vos fondamentaux étaient là et vous n’avez fait qu’affiner epuis… ou c’est quelqu’un d’autre ?

Non… j’avais pas de bases du tout… En fait j’suis resté avec les Max Valentins pendant un an ou un an et demi et après je me suis enfermé pendant 7ans… et là, pendant 7ans, enfermé dans un studio, c’est vraiment à ce moment-là que j’ai bossé…



¤ Pendant 7ans vous avez travaillé ?!


Ouais j’ai fait des chansons toute la journée…



¤ Comment ça se travaille des chansons ? Comment on apprends à écrire des chansons ?

En fait pour moi, faire des chansons… ça peut paraître prétentieux mais ça l’est pas…c’est une histoire de bon goût… c’est à dire que chaque fois que je faisais une chanson et que je repérais des fautes de goût et ben… c’est une façon empirique… c’est à dire j’me disais celles-là je les ferais plus… et au fur et à mesure, en en faisant, on évite et on arrête les fautes de goût… et on arrive à quelque chose qui moi, me paraît bien… mais c’est un avis qui n’engage que moi évidemment mais c’est comme ça que j’ai procédé…



¤ C’est quoi une faute de goût par exemple ?… c’est musicalement ?

C’est une mélodie qui est trop évidente… ou une suite d’accords qui n’a pas d’intérêt, où y a pas de frottements harmoniques, où c’est trop évident… c’est pas drôle quoi…



¤ Vous présentez la particularité à la fois d’écrire les paroles et de composer la musique. C’est pas si courant finalement. Ca vient ensemble, en bloc ?

C’est par nécessité en fait. Le vrai truc de base c’était composer et après c’est par nécessité que j’me suis mis à chanter, puis à écrire parce que je trouvais personne pour écrire mes textes et après, évidemment j’ai progressé et j’éprouve de plus en plus de plaisir à faire l’un et l’autre…



¤ La chanson que vous avez écrite et dont vous êtes le plus content ?

J’aime bien « Les lois de la nature »… c’est dans mon deuxième album, l’album qui n’a pas très bien marché…



¤ C’est dans celui-là ? C’est pour ça que vous l’aimez ?

Non… (rires) …Non y'a un p’tit truc… je pars bien quand je fais cette chanson.



¤ Ca dit quoi le refrain déjà ?

« j’obéis aux lois de la nature… je ne me lève pas quand c’est trop dur… » Grand texte ! (sourire)… mais bon, moi j’aime bien… il m’fait marrer ce texte…



¤ la suivante s’il vous plait

rouge ! (la 3ème diapositive est une photo de Jean-Jacques Goldman) Ah ! c’est pas moi ça… J’me reconnais (rires)



¤ C’est peut-être vous dans 10 ans… allez savoir

ouais peut-être… mais il est en forme…



¤ Il est en forme ?

ouais quand il enlève son T-shirt, il est en forme, il s’maintient en forme…



¤ Comment ça, vous l’avez vu torse nu Jean Jacques Goldman, racontez nous immédiatement… !

C’était dans les restos du cœur, on se change vite entre les différents plateaux, et de temps en temps on s’voit…



¤ Parfois il arrive qu’on arrive plus à en écrire des chansons, on connaît l‘histoire… une sorte de panne sèche… donc vous allez voir Goldman. Ce que j’ai pas très bien compris, c’est qu’après avoir vu Goldman, tout s’est débloqué… c’est un gourou, un magnétiseur ?… il s’est passé quoi ?

Y'a une première chose qui est très simple, c’est que j’y suis allé à un moment où j’avais un album qui marchait pas, j’arrivais plus à composer donc j’avais perdu confiance en moi… si vous voulez, Jean-Jacques, c’est probablement un des types les plus demandés pour faire des chansons donc il réserve vraiment son choix… c’est pas facile de passer la barre, d’arriver jusqu’à lui…


¤ Vous arrivez chez lui et vous lui dites quoi ?

« j’arrive pas à écrire, sur les textes, j’suis complètement bloqué, est-ce que tu pourrais m’aider… » donc je lui ai passé les chansons, il les a écoutées, il m’a appelé 15 jours après en me disant « y en a une qui me plait, j’vais faire le texte »… donc le seul fait qu’il accepte de faire ce texte, ça m’a redonné confiance en moi… pour les raisons précédemment citées… j’sais pas si c’est bien clair…



¤ Si si j’ai compris… Daho au départ, avait été décisif pour vous, puis Goldman… ces rencontres, c’est toujours vous qui les provoquez ?

Ouais… j’ai cette particularité… c’est que j’ai un caractère assez réservé sauf de temps en temps où j’ai un coup de sang…



¤ C’est ça qui m’étonne. Je vous vois pas aller vers les gens pour leur demander...

Non non y a un moment où ça monte et j’ai un coup de sang et j’y vais et… ma foi, jusqu’à maintenant ça m’a bien aidé…



¤ Quels mots vous trouvez dans ces moments-là ? c’est pas facile de dire « je vais pas bien… »

Aussi bien Etienne que Jean-Jacques… c’est des malins quoi, c’est pas des types qu’on peut blouser ou rouler dans la farine et ça se sent … je le savais avant d’y aller… donc j’ai essayé d’être le plus honnête possible, de pas enrober le truc…



¤ Et ils l’ont senti…

Ben visiblement…



¤ Quand vous écrivez combien… 5 morceaux pour l’album de Johnny, vous vous dites que c’est une étape supplémentaire pour vous quand même, vous avez gravi un échelon là ?

Oui je pense que c’est quand même très bien considéré par l’ensemble des médias de faire ce genre de chose… ça c’est un premier point… et je suis content… ça me fait passer, c’est vrai, à un stade supérieur, mais au-delà de ça, je garde un super souvenir, j’suis content de ça parce que c’est vrai que dans 10 ou 15 ans je sais pas ce qui arrivera, mais ce qui m’importe, c’est d’avoir de super souvenirs de ce métier… et j’suis en train de m’en faire plein en ce moment… et Johnny, l’enregistrement avec lui, le mixage à Los Angeles, ça fait partie de ces souvenirs que je garderai toute ma vie et qui ont été des moments extraordinaires dans le sens propre du terme…


¤ Mais qu’est-ce qui a de bien, si ce n’est effectivement cette belle affiche, de travailler avec Johnny, sinon dans l’instant même ?

C’est un personnage hors du commun quoi, peut-être que j’ai jamais rencontré d’autres gens comme ça… c’est quelqu’un qui vit à fond, qui brûle sa vie… moi qui ai tendance à être un peu sur la réserve… c’est fascinant de voir quelqu’un comme ça qui OUVRE… il ouvre et il fonce !!… et ça c’est fascinant de partager sa vie pendant quelques temps… en tout cas de le côtoyer pendant quelques temps… et de le voir agir comme ça avec toujours… j’sais pas si c’est de l’insouciance…. ou cette envie d’aller à fond qu’il devait avoir quand il avait 20 ans… et je trouve qu’à 60 ans c’est génial d’avoir ça encore…



¤ Est-ce que c’est contagieux ?… du coup, vous-même à ses côtés vous vous surpreniez à…

(rires) …ouais j’ai dû me lâcher un peu plus…



¤ Et ça donne quoi quand vous vous lâchez alors ?

ma foi… ça donne pas grand chose… j’suis pas allé bien loin… mais on a dû boire quelques verres ensemble… non mais je le regardais surtout… je l’écoutais… c’est un personnage. C’est le mec le plus rock que j’ai rencontré de ma vie et il vit vraiment comme on pourrait l’imaginer… c’est à dire toujours à fond… quand il monte sur une moto, c’est à fond, quand il sort il va jusqu’au bout…



¤ C’est vrai qu’il fait tout à fond Johnny…

Et je trouve ça admirable d’avoir réussi une grande partie de sa vie à pas s’embourgeoiser, à pas s’encroûter et à rester fidèle à son envie de vivre…



¤ Johnny il fait tout à fond…appuyez s’il vous plait (sur l’écran une pub de Johnny pour des lunettes à verres progressifs…Gérald se marre…) Même les héros ont des problèmes de vue… ça vous gêne que Johnny fasse des choses comme ça ? enfin c’est pas votre souci mais est-ce que vous vous verriez vanter les mérites d’un produit ?

Je pense pas que je le ferai pour une seule et bonne raison, c’est que j’ai pas l’image de Johnny moi…



¤ C’est quoi votre image ?


Ben justement elle est un peu floue mon image, elle est pas super définie, c’est un peu trop tôt… Johnny il peut faire ça, y a aucun problème ça passe… c’est pas ça qui va gêner le fait que quand il se met derrière un micro, il a une voix large comme ça, quand il monte sur une scène, il va s’donner comme un fou… une publicité ça changera rien… son image est beaucoup plus forte et dépasse tout ça… je pense pas que la mienne soit… enfin je pense pas, j’en suis sûr d’ailleurs…



¤ la suivante s’il vous plait, ce sera la dernière… (la dernière diapositive montre photos de couples et a pour titre « la vie à deux »…) Voilà, la vie à deux, symbole du couple, parce que vos morceaux tournent beaucoup beaucoup autour de ça…

Ouais…



¤ Dites donc, qu’est-ce que vous souffrez vous dans votre couple… !

(rires) euh… non je pense pas que ça soit ça… pas plus que les autres sauf que moi j’en fais des chansons et qu’on en parle un peu… mais sinon pas plus qu’un autre…



¤ Peut-être pas plus qu’un autre mais effectivement quand même, vous couvrez votre fiancée de cadeaux, elle s’ennuie, vous lui demandez de reconnaître que tout est fini, vous n’étiez pas là quand elle avait besoin de vous parce que vous étiez sur la route… pourquoi est-ce que tout tourne tellement autour de ça parce que, évidemment, c’est votre quotidien, mais ça vous fascine tellement de vivre à deux ?

Voilà, ben parce que c’est un peu le but de ma vie de réussir ma vie privée et ma vie familiale donc comme c’est le but, évidemment c’est là où j’ai le plus d’angoisse et de pression, parce que j’ai peur de rater évidemment, donc ça crée pas mal de réflexions…



¤ Idéalement, vous voyez une vie sur la durée avec la même personne…c’est ça votre vision du couple ?

Pour le moment… j’aimerais bien que ça soit ça… il faut qu’on continue tous les deux à avoir la même envie, c’est à dire que si dans 10 ans, ni l’un ni l’autre on a envie d’être ensemble, il s’agit pas de rester ensemble parce que c’est marqué sur le papier… j’espère qu’on va garder ce même plaisir de partager les choses et d’avancer dans la vie et de se battre ensemble… c’est ça que j’aime et j’espère qu’on va garder ça très longtemps…



¤ Mais c’est aussi basé sur l’insatisfaction parce que ça fait avancer ?

Oui sauf que là, je fais un peu un travail sur moi-même sinon on en finit plus… j’essaie un peu d’être content de ce que j’ai parce qu’on est dans une société qui nous pousse à tout l’inverse, à vouloir toujours plus et ça fait des gens frustrés… donc je fais un peu gaffe à ça, de me satisfaire, comme j’ai déjà beaucoup de chance, de ce que j’ai…



¤ en tout cas, le bonheur ça fait pas écrire visiblement ?

Non mais y a une nuance entre le bonheur, l’état dépressif ou la nostalgie… y' a plein de nuances qui font qu’on est pas obligé d’être très mal pour écrire… la nostalgie c’est un état un peu plus léger, basé, d’accord sur un sentiment de tristesse mais pas vraiment…



¤ Mais c’est un bon carburant la nostalgie ?

Oui pour moi c’est le meilleur...



¤ Vous êtes sur un morceau en ce moment ?

Pas vraiment non, j’ai fini les deux que j’étais en train de faire…



¤ Ils parlent de quoi les deux derniers morceaux ?…pour être plus proche de ce que vous êtes aujourd’hui, Gérald de Palmas…

Ils sont pas pour moi mais pour le disque français de Céline Dion. Un des textes est de Maxime Leforestier et l’autre texte s’appelle « allongé »… l’histoire d’une fille qui est allongée…



¤ C’est chaud non ?

Pas vraiment (sourire)



¤ « même si je m’améliore, j’en rêve encore »…paroles de Jean-Jacques Goldman que vous avez chantées… de qui, de quoi pour vous « j’en rêve encore » ?

en terme de rêve, c’était de faire ce qui s’est passé l’année dernière… si j’avais un rêve de gamin.



¤ La tournée ?

La tournée et un vrai succès quoi, c’était ça mon rêve…



¤ C’est fait…

Donc c’est fait… maintenant j’ai pas vraiment de rêve… j’ai juste envie d’arriver à une espèce d’équilibre, j’dis pas de bonheur, parce que l’état de béatitude c’est pas ça que je recherche du tout mais… d’arriver à un équilibre un peu plus stable entre les moments difficiles et les moments agréables…


¤ Voilà, c’est votre travail quotidien à vous…

Ouais mais j’suis pas le seul à bosser la-dessus d’ailleurs…



¤ Vous allez choisir le disque de fin d’abord Gérald, vous pouvez laisser tomber tout ça… C’est vers le fond, vous trouverez sur la droite la chaîne hi-fi. 6 possibilités, 1 seul choix…Robert Palmer «every kind of people », Cat Stevens « my lady d’Arbanville », Ben Harper « I’ll rise », Ottis Redding « Try a little tenderness », Police « message in a bottle » et Christina Millian « when you look at me »…

J’connais pas Christina euh…



¤ Moi non plus mais il paraît qu’on l’entend beaucoup à la radio. C’est pas un raison, forcément… Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?

Cat Stevens



¤ Vous allez prendre la télécommande et appuyer sur CD2… pourquoi lui ?

Parce que j’adore ce type-là. Tout ce qui est guitare folk, je l’ai pompé sur lui…



¤ Ah d’accord, il y a du Cat Stevens dans Gérald de Palmas…

J’adore…



¤ Un appareil photo sur le fauteuil rouge, vous allez faire ça vous-même comme ça cous serez embêté par personne pour prendre la photo… (Gérald tient l’appareil à bout de bras et se prend en photo…)

Ca va être un grand moment ça encore…



¤ Ca devrait être bien.

Ouais (rires) certainement…



¤ Ca a été pour vous là ?

Oui, c’était bien ! C’est vrai que c’est étrange d’être seul, j’perds un peu la concentration de temps en temps…



¤ Mais vous êtes toujours aussi secret…

Ah bon ?… j’ai l’impression d’avoir parlé…



¤ Ah ben tant mieux… A bientôt…

Bye bye.