| GERALD
DE PALMAS DES PALMIERS AUX PALMES Découvert
en 1994 avec « Sur la route », après huit années
de « métier » et leur lot de « galères
», Gérald de Palmas va connaître une nouvelle période
doute avec l’insuccès de son deuxième album, trois
ans plus tard. Pour sortir de l’impasse, il aura la pertinente
idée de faire appel à Jean-Jacques Goldman… et l’album
« Marcher dans le sable » suscitera le plébiscite
que l’on sait, radio, télévision, « Victoire
» et scène à l’appui. Courtisé dès
lors comme auteur-compositeur (Johnny Hallyday, Céline Dion),
ce grand jeune homme de trente cinq ans garde cependant la tête
froide et solidement posée sur les épaules. «
UNE SORTE DE MELANCOLIE LATENTE » Sans
s’intéresser sérieusement à la musique du
cru, le séga et le maloya, le jeune garçon s’en
trouve de fait imprégné, mais le premier disque qui le
L’APPRENTISSAGE Eprouvant d’autres envies musicales, il quitte alors le groupe, fort de ses propres « compos » qui, à son sens, « commencent à tenir la route ». Mais la suite va se révéler moins évidente que prévue : « C’était Etienne Daho qui produisait les Max Valentins. On est entrés dans une maison de disques en claquant des doigts. J’ai cru que cela se produirait tout le temps comme ça, et il m’a fallu tout de même sept ans pour resigner ailleurs ! » Gérald
Gardrinier devient alors bassiste de studio, accompagne différents
chanteurs en scène (Kent, Véronique Rivière…),
tout en concoctant des maquettes et en consacrant l’essentiel
de son temps « à apprendre à composer et à
écrire »… Nourri de musiques anglo-saxonnes, il peine
beaucoup côté textes : « J’en écrivais
assez peu ; comme je ne trouvais personne pour le faire, je me suis
forcé, j’ai commencé à y prendre du plaisir,
et c’est venu. Au début, j’avais du mal à
faire sonner le français comme je le voulais ; aujourd’hui,
je n’ai plus du tout envie de réaliser un album en anglais.
Ce qui m’intéresse, c’est de présenter quelque
chose d’assez personnel, et je pense être arrivé
à faire sonner les mots d’une façon un peu particulière.
» SUR
LA ROUTE Il
faut dire qu’en parallèle au personnage sentimentalement
perturbé de ses chansons, le jeune homme se pose encore bien
des questions. Derrière l’image « costar »
protectrice, inspirée de celle de ses chanteurs de ska fétiches,
l’artiste de scène se construit, entre pleins et déliés
: « Au cours de la première tournée, j’ai
eu beaucoup de mal. Je ne possédais aucune expérience
de la scène, je ne maîtrisais pas du tout ce qui s’y
passait, j’avais plutôt tendance à subir qu’à
dominer le sujet. Les premiers concerts ont été assez
durs, mais formateurs. » FRERE
JEAN-JACQUES… Un autre événement, d’ordre privé, va interférer sérieusement : le fait d’être papa d’un petit garçon… « Je n’avais pas du tout mesuré l’importance d’être père et marié, les responsabilités que ça suppose. J’ai voulu me mettre à la hauteur, faire trop bien et devenir quelqu’un que je ne suis pas… J’ai été assez malheureux durant cette période, jusqu’à ce que je comprenne que je pouvais être un père et un mari pas trop mal sans changer ma personnalité profonde. Cela m’a pris deux ou trois ans ! » Du
coup, un doute sérieux le saisit, au point de perdre parfois
l’envie de composer des chansons, voire de continuer. Dans ces
moments-là , lui qui revendique volontiers « le temps d’apprendre
» sait aussi se ménager celui d’attendre et de réfléchir.
Bien lui en prend. Bloqué au terme de quelques chansons, dans
l’écriture de son troisième album, il décide
de solliciter l’aide éventuelle de … Jean-Jacques
Goldman : « On s’était croisés plusieurs Cette chanson obtiendra un succès immédiat à la parution de « Marcher dans le sable », à l’automne 2000, avant que son morceau phare, « Une seule vie » (d’où est extrait le vers-titre de l’album, et signé Gérald de Palmas soi-même), ne prenne le relais. Outre un très classique sonnet de son grand-père (« Le gouffre ») qu’il a mis en musique, de Palmas a bénéficié d’un apport extérieur inattendu et non des moindres, celui de Maxime Le Forestier, pour « Tomber ». «
J’avais terminé mon album et il me restait une mélodie.
Assez content de mon travail, j’avais un coup de fatigue et je
pensais m’arrêter là… Un soir, «
Une super expérience : Maxime est resté dans le même
esprit que moi, mais avec un jeu sur les mots que je n’utilise
pratiquement pas, et c’était passionnant de le voir à
l’œuvre… Je crois que ce qui lui a plu, chez moi, c’est
le découpage rythmique des mélodies, qui n’est guère
conventionnel par rapport à la chanson française. » PARADOXES Si
l’amateur de chansons « à textes » risque de
se retrouver un peu en manque de substance (chez de Palmas, la musique
– riffs de guitare en tête – joue un rôle essentiel
dans un tout difficile à dissocier), de contenu, le chanteur
souligne simplement : « J’écris sur des choses qui
me touchent au jour le jour, ce que je vis, et en particulier les relations
de couples. On peut y voir une solution de facilité, peut-être,
mais si j’aborde peu les Ces deux dernières années auront été en tout cas des plus fastueuses pour lui, entre une tournée de 180 concerts, un titre d’artiste le plus diffusé en radio, une nouvelle Victoire de la Musique en mars 2002 (« Artiste de l’année » avec Zazie) et plus d’un million cinq cent mille albums vendus. Un palmarès qui lui fait certes plaisir, mais l’incite d’abord à un certain recul : « Je trouve qu’en dix ans le métier a complètement évolué. Ca n’a rien à voir avec le succès de « Sur la route ». Je pense avoir fait un album pas trop mal, mais là, les chiffres, c’est énorme ! Le marketing, la promo, les médias sont devenus très très puissants. Si tu as tous ces gens derrière toi, tes ventes explosent ; mais ça fait peur aussi, car si tu n’es pas du bon côté, tu peux te prendre des bouillons colossaux ! C’est une arme à double tranchant, c’est tout ou rien ! » Depuis,
comme le succès va au succès, Pascal Nègre, le
PDG d’Universal, a suggéré à de Palmas d’écrire
pour Johnny Hallyday : « Il lui a fait écouter «
Marie ». Johnny a aimé et m’a demandé de lui
en composer d’autres. Sur les sept que j’ai proposées,
ils en ont gardé cinq, dont une avec un texte de Maxime. J’ai
adoré travailler avec ce mec-là, parce qu’il est
tout l’inverse de moi : un type qui vit à fond, qui n’est
pas du tout réservé… Enfin, il a un petit côté
timide, mais il brûle sa vie vraiment, alors que moi, j’ai
tendance à rester sur ma réserve. » Dans la foulée,
Gérald de Palmas prépare En
octobre dernier est sorti son premier album en public ( « Live
2002 »), un double CD enregistré essentiellement sur un
soir au Zénith de Paris, et |